#LeFootballVrai par un journaliste vrai – Episode 9 : Antoine Placer

Antoine Placer, journaliste à La voix du Nord en charge du suivi de Lille et de L’équipe de France, nous fait partager sa vision du football vrai. Entretien avec celui qui est considéré comme le spécialiste mondial du Losc .

– Le match qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

J’ai un vrai souvenir de Nantes-Bayer Leverkusen (1-5), je crois que c’est en 1995, où les trois gardiens nantais sont blessés et c’est le pauvre Jean-Louis Garcia, alors entraîneur des gardiens, qui dépanne et prend une fessée. Le décalage entre le style du mec qui a arrêté depuis un moment et le foot pro, c’était total #lefootballvrai pour moi.

– Le stade qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Le stade du Ray à Nice. T’es encore en train de garer ta bagnole sur le terrain vague à côté que tu sens monter la tension. Tu passes au milieu de mecs bien chelous dont tu penses qu’ils te regardent de travers, et tu pénètres dans cette enceinte bien vieillotte, avec aucune tribune qui se ressemble vraiment. L’Allianz Riviera, je crois que ça va pas coller avec le style local.

– Le joueur qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

J’ai un penchant pour Francis Llacer, sa gestuelle et sa technique au-dessus du lot. Le prototype du mec dont tu ne pourrais jamais jurer qu’il va finir pro mais qui finit par avoir une carrière honorable. Même si tu sens l’escroquerie qui prend fin progressivement : Paris, puis Strasbourg, puis Saint-Etienne puis Montpellier. Je crois même qu’il y a un détour par le Betar Jérusalem pour finir.

– Le But qui pour toi symbolise #LeFootballVrai

La volée de Llacer période PSG justement, improbable, contre Caen en 1994. Y avait des artistes de fou à ses côtés sur le terrain et le mec te tape une volée ahurissante à un mètre du sol et de 25 mètres qui fait lucarne opposée. Je peux me passer ce but en boucle.

-Le maillot qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Le maillot du LOSC avec Peaudouce, c’était quand même quelque chose. Sinon je trouve qu’on n’égale jamais vraiment la classe du maillot de base du PSG de Hechter. J’en avais acheté un il y a longtemps, taille XL dans lequel je flotte grave, ridicule. Mais je ne m’en séparerais jamais.

-Le club qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

L’AS Saint-Etienne, et c’est un Lyonnais qui te dit ça : ce club a tout eu, tout connu, des hauts et des bas, des stars et des tanches, et voir les vieux de la vieille traîner dans le coin et dégommer dans les médias locaux (Herbin notamment), j’adore. C’est un Marseille sans le côté glam. Et puis la ville est tellement sinistre que, comme à Lens, tu sais qu’il n’y a que ça pour te divertir.

-Le Coach qui pour toi symbolise #LeFootballVrai

Claude Leroy pour la dégaine du type à qui tu ne confierais même pas tes gosses tellement il se fout de son image. Il réalise un savant mix entre le côté prof de Gérard Houllier, le côté paysan de Guy Roux et le combo « CAN-nom à la con » d’Hervé Renard. Au-dessus du lot, pour moi. L’antithèse des Mourinho-Villas Boas-Galtier qui se singent.

– Le sandwich qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

J’ai découvert l’américain frites de Bollaert sur le tard, mais j’en ai encore de la graisse entre les doigts. Une fois que t’as passé les grilles du stade, tu te dis que c’est sans doute ton dernier moment de bonheur avant de te taper la purge du Racing. T’y retournerais bien à la mi-temps, de toute façon t’as rien à écrire.

– La boisson qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Le Cacolac, pour « JPP reviens » et Les Guingols. Une époque où on avait de quoi se marrer avec les footeux, mais vraiment. Ca fait vieux con mais je suis un peu nostalgique de ces années-là.

– La compétition qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai

Le tournoi de sixte de Bruay-la-Buissière tous les mois d’avril dans le Pas-de-Calais. Bières, sandwichs pâté servis par une vieille tante de l’organisateur, équipes mixtes hommes-femmes-enfants. Un vieux synthétique qui souffre, des arbitres désignés à deux minutes du coup d’envoi, des joueurs qui changent d’équipe en cours de tournoi, et des gestes techniques inventés chaque année. Le bonheur, quoi. On n’est pas peu fiers de l’avoir remporté plusieurs fois : la preuve ci-dessous. A noter la présence de l’immense @StephaneKohler

 

– La coupe de cheveux qui symbolise pour toi #LeFootballVrai

La nuque longue de Tony Vairelles est un must incontournable pour moi, mais j’ai bien envie de caser les dreads flashy de Taribo West, version Super Eagles, un des précurseurs en la matière. Avec ces deux coupes, tu as un condensé de tout ce qui peut passer par la tête d’un joueur pro. Ou ne pas passer, justement.

Propos recueillis par Alex Cariou

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