#LeFootballVrai selon les footballeurs vrais: Episode 5 – François Lemasson

Qui peut se targuer d’avoir eu Francis Borelli, Jean Michel Aulas, Loulou Nicollin ou Robert Louis Dreyfus comme présidents ; Roger Lemerre, Luis Fernandez ou Raymond Domenech comme entraineurs ?

C’est François Lemasson, aujourd’hui entraineur des gardiens de l’AS Cannes.

Il a aussi joué avec les plus grands : Safet Susic, Laurent Fournier, Remi Garde, Jacek Ziober, Patrick Vieira, Claude Makelele, Laurent Blanc…

Formation, jeunesse, évolution du jeu, plaisir, François dit tout.

Sincère, décontracté et le regard pétillant quand il parle de Lyon et de Cannes, il revisite sa carrière pour le Football Vrai. L’occasion de vérifier si l’adage « Lemasson c’est du béton » se vérifie !

Quel est le nom du tout premier stade dans lequel tu as évolué ?

« Aucun souvenir du nom du stade mais j’ai commencé à l’ASPTT Limoges. J’avais 7 ou 8 ans et on m’a fait commencer gardien. Pourquoi gardien ? C’est ce que je voulais et c’est ce que je suis devenu. En même temps, tu en connais beaucoup des avant-centres qui sont devenus goals ensuite ? A l’époque, dans notre poule, la saison était longue car il n’y avait que deux vrais matchs : les derbys contre le FC Limoges. Toutes les autres rencontres on les gagnait 11 ou 12/0 mais lors du derby c’était très serré.»

Te souviens-tu de ton tout premier match en pro ?

« Evidemment ! Je jouais au Red Star et nous avons rencontré Sedan en Coupe de la Ligue au mois de juin. A l’époque, la Coupe de la Ligue avait lieu avant la saison ! On gagne 3/1. Mon coach c’était Roger Lemerre. En face l’entraîneur s’appelait Tordo ou un nom comme ça (NDLR : Pierre Tordo) et il réclamait des pénos toutes les deux minutes. Faute au milieu du terrain et hop, il demandait péno. Je l’entends encore hurler ! (NDLR : il mime). A ce moment-là, je reviens de super loin. J’appartenais au PSG qui voulait me prêter. Je me mets d’accord avec le Red Star après un essai mais le club avait trop de mutations. Puis, quelques jours après, le téléphone sonne et le Red Star me dit que tout est arrangé et que je peux faire la saison là-bas.  Si je n’avais pas été prêté, peut être que je n’aurais jamais fait de carrière pro. C’est fou et fragile non ? »

Le premier maillot que tu as acheté ou qu’on t’a offert ?

« Je n’en ai jamais eu. Pourquoi ? Parce que je n’étais pas passionné du tout. Je n’ai jamais eu d’idole. Mon père était rugbyman professionnel et ma mère basketteuse. Le football c’est un hasard, j’ai visé entre les deux !»

As-tu déjà porté un cycliste ou un collant sous ton short ?

« Tout le temps. Dès qu’il faisait froid. Mais attends, les gars en portent encore. Cà te fait peut être marrer mais quand il caillait, j’étais bien content d’avoir un peu plus chaud. Et quand la pelouse n’était pas top, ça faisait une épaisseur de plus pour ne pas trop se blesser »

Avec ta première paye de joueur pro tu as offert un resto à tes potes ou tu t’es acheté un écran géant ?

« Ecoute, ma première paie, c’était 300 balles (NDLR : 45 euros) alors j’ai fait le plein de ma bagnole et j’ai acheté 2 tickets de ciné»

Après une victoire, pour récupérer, t’étais plutôt du genre à boire un litre d’eau ou un litre de Kro ?

« Jamais de Kro car je ne bois pas…de bière. Mais une cigarette à la fin du match. Toujours. On en a des souvenirs de fumeurs de clopes dans le vestiaire ou avec les kinés mais je ne dirai pas avec qui ! »

T’es plutôt merguez frites ou sandwich au pâté ?

« T’es déjà allé voir un match à Lille ? Fallait surtout pas rater le sandwich de Grimonprez Jooris dès que ton équipe jouait là bas !(NDLR : François Lemasson n’a jamais joué à Lille) Un truc inoubliable. De grosses saucisses avec des frites. C’était vendu dans une cabane à l’intérieur du stade. Dès que le match était terminé, tous les joueurs fonçaient là bas. A l’époque, pas de problème avec les cordons de CRS, ça n’existait pas. On se retrouvait à la cabane, c’était la tradition. »

Niveau pompes, t’étais plutôt Diadora ou Patrick ?

« Jamais de Patrick. Un peu de Diadora mais à l’époque les pompes elles faisaient 6 mois, c’était pas de la bonne qualité. Une anecdote équipement : une année à Lyon, on avait Duarig comme sponsor. Ils ont mis 6 mois à me faire un maillot correct ! (NDLR : Duarig est un équipementier basé dans la Loire)»

T’étais plutôt 16-18 en alu ou crampons moulés ?

« Toujours en vissés. Quand on est gardien, on n’a pas beaucoup le choix. »

Ton modèle de voiture préféré ?

« A l’époque (années 80/90) la voiture du footballeur pro c’était la Golf GTI évidemment !»

T’es plutôt Jour de Foot ou Téléfoot ?

« Jour de Foot. Pour te dire,  la dernière fois que j’ai regardé TeleFoot ça devait être en 1986 ou 1987 (rires). De toutes façons aujourd’hui j’ai même plus Canal ni BeIn. C’est vrai que c’est un peu pénalisant pour la Ligue des Champions. Mais bon, pas mal de matchs de L1 m’ennuient. Alors, l’abonnement, je l’ai rendu… »

L’homme qui a marqué ta carrière ?

« Le joueur qui pour moi a fait une carrière hallucinante et pas assez reconnue c’est Steven Gerrard de Liverpool.

Après, je n’oublie pas que je signe au PSG grâce à un ancien international. A l’époque je suis cadet 2eme année à Limoges, je joue en D4, j’ai 16 ans, les deux titulaires habituels sont blessés, et Yvon Goujon, un ancien international, passe un coup de fil au PSG. J’intègre alors le centre de formation. Ma carrière, elle commence comme ça. »

Le meilleur souvenir de ta carrière ?

« Dur de choisir. En premier, je vais te dire la montée en D1 avec l’OL en 1989. Un moment de folie. Toute la ville de Lyon attendait ça. Ah, les petits drapeaux « adieu D2 », la frappe de Jacky, le stade en folie…Mais j’ai bien aimé aussi la montée en D1 avec l’AS Cannes. C’était super mérité, on avait un super groupe et le stade de la Bocca était en fusion !»

Quand je te dis « Le Football vrai », ça t’inspire quoi ?

« Pour moi le football vrai c’est trois mots : plaisir, jeu, gagne. Sans plaisir, y’a rien du tout. Quand j’ai joué en D1 ou en D2 c’était un pied incroyable. C’est une chance immense d’être pro. Je ne sais pas si les joueurs aujourd’hui s’en rendent tous compte ! »

« Et n’oublie pas moi je voulais encore jouer à Lyon et j’aurais pu y faire toute ma carrière ! »

Propos recueillis par Lyonnais gourmet

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