#LeFootballVrai selon les footballeurs vrais: Episode 7 – Jean-Marie Aubry

vignette Jean-Marie Aubry

Ancien gardien de but professionnel, Jean-Marie Aubry, 43 ans aujourd’hui, a usé ses gants du côté de Strasbourg, Angers, Lille, Monaco et Caen. Il est même champion de France avec l’ASM en 2000, dans le rôle de doublure d’un certain Fabien Barthez.

Après sa carrière, il se tourne avec succès vers le beach soccer et devient champion du Monde avec Canto et sa bande en 2005. Un temps à la formation des gardiens du côté de Montpellier, Jean-Marie Aubry partage aujourd’hui son temps entre la région parisienne et le Petit-Quevilly, où il est patron d’un espace de foot en salle, le Five, depuis cinq ans. Un complexe situé pile en face du stade Lozai où évolue l’équipe locale, l’US Quevilly, illustre représentante du Football Vrai s’il en est. En off, l’ancien portier juge sévèrement le football d’aujourd’hui. Un milieu qui ne lui donne plus trop envie. « Avant, tu avais quinze ou seize joueurs dans un club qui savaient répondre correctement aux journalistes. De nos jours, si tu en as un ou deux… »

Jean-Marie Aubry

Le match qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai ?

Forcément le France-Allemagne de Séville en 82. La France est menée, elle revient, et puis… Ce match m’a vraiment marqué, j’avais 13 ans et je le regardais avec mon père, j’en frissonne encore en voyant les images aujourd’hui. Je n’ai jamais retrouvé cette émotion, même plus tard en tant que joueur professionnel.

Le stade qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai ?

Wembley. J’y ai joué avec les équipes de France en catégorie jeune, c’était vraiment extra. Même si tu perds, le public t’applaudit. Si Cristiano Ronaldo aimerait retourner en Angleterre, ce n’est pas un hasard. Le football vrai, c’est aussi les petits stades où tu vas jouer avec la réserve, mais personnellement, je n’avais même pas l’impression de jouer sur ces stades-là. Quand tu as connu les grands stades, c’est dur de jouer ailleurs.

Le joueur qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai ?

Sans hésiter, Michel Platini. Je l’ai rencontré plus d’une fois, nos pères jouaient même ensemble du côté de Nancy. C’est quelqu’un qui a du génie, ils sont très peu à avoir ça. Aujourd’hui il y a Ronaldo, Messi, c’est plus rapide, mais personne ne tire les coups-francs comme le faisait Michel. Dans l’ensemble, je trouve que son action est assez juste au sein de l’UEFA. A part sur la vidéo, mais on perdrait en charme du sport, et puis, ce ne serait plus tout à fait du football vrai !

Le but qui pour toi symbolise #LeFootballVrai ?

J’ai le souvenir du but d’Okocha lors de son premier match avec le PSG. Un grand joueur qui n’a pas eu la carrière qu’on aurait pu escompter. Ce n’est pas le plus impressionnant des joueurs contre qui j’ai joué, mais il me régalait. Celui qui m’a marqué sur un terrain, c’est David Ginola, il avait beaucoup de charisme, on l’a malheureusement complètement cassé dans son élan à cause du match contre la Bulgarie…

Le maillot qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai ?

Le maillot de Saint-Etienne, période Manufrance. Celui des Janvion, Larqué, Piazza… Une équipe qui a marqué ma génération, celle de mes parents, et même les enfants d’aujourd’hui grâce à leurs bons résultats. Je me réjouis de cette bonne période pour cette équipe et cette région, économiquement ravagée. Ce maillot satiné a traversé les époques. Je ne l’ai pas dans ma collection, je n’ai que celui de Machado.

Le club qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai ?

Manchester United. Un club exceptionnel, avec un entraîneur mythique, qui a su faire dans la continuité. Un club qui ne fait pas de bruit, pas de scandale, sûrement le plus sain de tous les clubs. Quand j’étais joueur, les clubs ne me faisaient pas rêver, parce que j’étais déjà dans le système. Malgré tout, j’aurais bien aimé jouer en Angleterre. Il y avait Liverpool aussi, mais ils ne sont plus dans le même délire.

Le Coach qui pour toi symbolise #LeFootballVrai ?

Je ne porte pas une grande admiration aux coaches d’une manière générale. Certains oublient un peu vite qu’ils ont été joueur. Jean Fernandez m’a tout de même marqué par sa grande passion. Il vivait le football 24/24 heures. C’est le seul que j’ai connu qui était autant porté sur le foot. Sa maîtresse, ce n’était pas une femme, c’était le football !

Le sandwich qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai ?

A Strasbourg, c’est la grande saucisse alsacienne, avec l’odeur de la cuisson qui envahit tout le stade. A Lens, c’était les frites. Il m’arrivait d’aller chercher une barquette après avoir joué un match. C’est peut-être le seul point commun entre les plus grands stades et les terrains de campagne : on y retrouve le même casse-croûte.

La boisson qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai ?

Pour moi c’est la bière. J’en buvais régulièrement une après un match. Certains décrassages se faisaient parfois entre 0,2 et 0,4 km/h. Le taux d’alcool n’était pas loin de ces chiffres quelques fois ! Mais à notre époque, les joueurs étaient responsables. Si on avait vu un gars sortir en semaine, il avait intérêt à être bon le week-end, on lui mettait une grosse pression.

La compétition qui, pour toi, symbolise #LeFootballVrai ?

Forcément la Coupe de France. Le quart de finale perdu à Marseille avec Lille en 95/96 reste un très grand regret. Le match s’est joué sur un coup du sort. On parle toujours de la magie de la Coupe de France, tous les clubs peuvent y participer à la base. Ces derniers temps, je trouvais dommage que des équipes de DH ou CFA2 se spécialisaient dans la coupe en allant loin, mais en stagnant dans leur championnat. C’est comme si les joueurs choisissaient la Coupe de France pour se faire remarquer.

La coupe de cheveux qui symbolise pour toi #LeFootballVrai ?

Sûrement pas les crêtes d’aujourd’hui. Pour moi, c’est la coupe avec les cheveux rasés. Ça arrangeait bien les joueurs qui avaient une calvitie avancée ! On a connu cette mode, mais il faut bien se dire qu’à la base elle est venue d’un mec dégarni !

Propos recueillis par Freddy Lamme

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