Créteil gagne son pari

Béliers: c'est votre jour de chance, foncez!

Béliers: c’est votre jour de chance, foncez!

Allez, encore un effort, et la France proposera elle aussi son derby en capitale. Le week-end dernier, l’US Créteil-Lusitanos a validé son accession en D2, après avoir survolé le championnat de National tout au long de la saison. Le club de la banlieue parisienne pourrait – c’est possible – rejoindre son grand cousin d’ici peu dans l’élite d’ici peu. Dès lors, pourquoi PSG – Créteil ne serait-il pas aussi sexy qu’un Lazio- AS Roma, un Real – Atlético ou un Chelsea – Arsenal ? Hein, pourquoi ? Pour les Franciliens, l’histoire rappellerait sûrement des souvenirs, avec le PSG dans le rôle du Matra Racing, et Créteil dans le rôle du PSG. Bon, avant d’en arriver là…

Ok, l’USCL ne présente pas un palmarès époustouflant (Champion de D3 en 1988 et probablement cette année, Champion de D4 en 1987). N’a pas un stade de 45.000 places (12.000 maxi, rarement atteint, à Dominique-Duvauchelle), ni de stars dans son effectif. Pas non plus de sous dans le porte-monnaie (3,5M€ de budget cette année, moins que le Paris FC). Et pourtant, certains y croient, comme Julien Ielsch, journaliste sportif à Jour de Sport et spécialiste des clubs d’Ile-de-France. Alors, Créteil en D2, une bonne nouvelle pour le football francilien ? « C’est forcément une bonne nouvelle ! La région parisienne n’est dotée que d’un seul grand club contrairement aux autres capitales européennes. Personne n’a jamais laissé la place à un deuxième. Créteil n’appartient pas à cette catégorie, mais il écrit son histoire depuis peu, il y a une vraie dynamique autour de l’équipe »

Créteil et Faneva Andriatsima fêtent le titre avec des guili-guilis

Créteil et Faneva Andriatsima fêtent le titre avec des guili-guilis

Le maire de Créteil, Laurent Cathala, était de la dernière montée en D2 en 1999. Il était là pour les autres aussi d’ailleurs. Certains disent qu’il est là depuis toujours (élu depuis 1977). En 99, c’était Alain Afflelou le président. Le lunetier avait pour projet de monter une belle équipe, peut-être pensait-il rivaliser avec le PSG. Dans une interview au Parisien de 2001, il lâche pourtant ce commentaire, sans vraiment préciser sa pensée : « En région parisienne, c’est difficile pour le football professionnel d’exister s’il n’est pas au top niveau. » De fait, Créteil redescendra, et le football francilien se rattrape depuis au Red Star ou au Paris FC, en plus du club du Val-de-Marne. Des clubs sous oxygène, qui menacent de tomber dans l’oubli à chaque saison. Les deux premiers cités sont d’ailleurs relégables à l’heure actuelle en National (15ème et 16ème). Aujourd’hui à Créteil, le président s’appelle Armand Lopes, et s’il réussit une belle aventure économico-sportive, il ne fait pas (encore) de l’USCL un club populaire pour autant. Pas plus de Lusitaniens que d’autres. On l’apprécie dans tout le Val-de-Marne, mais le club attire 1 000 spectateurs grand-max dans son antre de Duvauchelle lorsqu’il évolue à domicile. Pour fêter la montée, ils n’étaient « que » 800. Pour Julien Ielsch, ça peut évoluer : « Pour chanter, être derrière son équipe, c’est l’idéal, glisse-t-il. Le club peut viser le milieu de tableau en Ligue 2 l’an prochain s’il garde ses cadres et se renforce. Avec 1 ou 2 attaquants, 1 gardien remplaçant et 1 défenseur dans le couloir gauche, c’est possible. Dès lors, les gens viendront au stade ».

Maillot vintage et collector de l'USCL

Maillot vintage et collector de l’USCL

Pour Stéphane Bianchi, journaliste au Parisien, souvent présent à Duvauchelle, « en Île-de-France, on va au stade comme on va au spectacle. Si Créteil jouait les premiers rôles, le public serait présent car le potentiel est là sur une région aussi dense ». L’offre sportive dans la région, l’attrait des plus grosses affiches, et bien sûr, la concurrence du PSG sont autant d’excuses. « C’était déjà compliqué d’exister avec le PSG d’avant, alors maintenant qu’il rafle tout… » Mais dans un tel bassin de population, il doit bien y avoir 15 ou 20 000 passionnés, ravis d’aller supporter un autre club dans le grand Paris, un club différent, qui véhicule d’autres valeurs non ? Stéphane Bianchi le pense : « Un club pourrait fédérer autour de lui, un club avec une identité différente, moins axée sur le fric et les moyens. Après, c’est toujours plus facile de décevoir un public que de gagner sa confiance… »

Jean-Michel Lesage, capitaine à l'ancienne

Jean-Michel Lesage, capitaine à l’ancienne

En attendant, l’US Créteil-Lusitanos égale son plus haut niveau en atteignant à nouveau la D2. Cette saison, c’est le collectif qui prime, même si des joueurs se sont affirmés comme des pièces maîtresses. Devant, Faneva Andriatsima, Bagaliy Dabo ou Jean-Michel Lesage ont fait le boulot, bien épaulés par Cheikh Ndoye au milieu et une défense solide. L’an prochain, il faudra exploser pour effacer des tablettes les illustres anciens, ceux qui ont un jour ou l’autre porté le maillot bleu de l’USCL. On pense à Mickaël Madar, Anthony Bancarel, Stéphane Sessegnon ou Jean-Luc Dogon. Des joueurs qui ont joué quelques matches devant 20 000 personnes. Ailleurs.

 Hymne du National

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