Le national tisse sa toile

LFA-CHAMPIONNAT-NATIONAL-quadriIl y a ceux qui apprennent le résultat à l’extérieur de leur équipe dans le journal régional du lendemain. Généralement des vieux de la vieille, abonnés de longue date, comme on en croise des dizaines du côté du stade Robert-Diochon de Rouen ou dans les coursives du stade de la Rabine à Vannes. Les derniers échos se nichent aussi dans le programme du match, quand on joue à domicile et les rares images des matches se visionnent dans le journal régional du France 3 local. Et puis il y a ceux qui vivent avec leur temps – on parlera plutôt de « génération branchée » – qui « suivent » leur club, sur les Internet et les réseaux sociaux. L’information en temps réel, l’interactivité et une proximité nouvelle, mais virtuelle, marquent un virage dans le rapport du club à ses supporters. Dans les trois premières divisions du Championnat de France, chaque club a un site Internet. C’est la base. En National, la mutation numérique est en marche aussi, même si chacun fait avec ses moyens (parfois moyens) et son savoir-faire (parfois bien fait). La D3, c’est branché ?

TV

La National tisse sa toile-1

Les stades du National visités chaque week-end, avec des matches commentés en direct et retransmis sur Dailymotion et de nombreux autres sites Internet

Le week-end dernier, la FFF et Dailymotion proposaient la retransmission en direct du choc de la journée de Championnat de National : Le Poiré-sur-Vie contre l’US Créteil. Le deuxième contre le premier, une véritable affiche. Les moyens de production ne sont pas ceux du dimanche soir sur Canal +, mais la partie est agréable à regarder sur son écran de PC. A vrai dire, on a plutôt l’impression d’être en tribune, avec une caméra en plan large qui balaye le terrain la plupart du temps. Rien à envier à un streaming qui saute toutes les 2 minutes en tout cas. Une retransmission, c’est un coup de projecteur sur un championnat qui souffre d’un manque de médiatisation et de reconnaissance. Mais une telle retransmission nécessite une connexion Internet pour le supporter. Ah vous riez ? Faites une enquête aux abords d’un stade de National. Les plus anciens ne comprennent même pas votre question…

Internet

Chaque club de National propose son site Internet. Certains sont très carrés et sentent la division supérieure (Metz, Rouen, Red Star…) quand d’autres semblent bricolés et mis à jour quand le temps le permet (US Luzenac, ES Uzès – Pont-du-Gard…).

Les éclairages d’un spécialiste, Erwann Penland, directeur du développement du site référence foot-national.com : « C’est vrai qu’il y a une différence entre les sites des « grands » et des « petits », mais c’est à l’image du championnat. Les clubs n’ont pas tous les moyens financiers ou les compétences pour réaliser et mettre à jour leur site Internet ». Certains font appel à une entreprise extérieure, d’autres confient l’outil à un salarié ou à un bénévole du club, les derniers mettent en place un échange de bons procédés, avec mise en avant de l’agence de communication comme partenaire du club contre un site Internet. Le contenu, lui, est toujours fourni par le club, l’occasion de noter quelques jolies rubriques que l’on ne retrouve pas aux échelons supérieurs :

Pour Erwann Penland, les efforts réalisés par les clubs de National vont dans le bon sens. « Ils se structurent de plus en plus, chaque club fait d’ailleurs une refonte régulière de son site Internet », précise-t-il. Du moment qu’on nous laisse les infos croustillantes…

Réseaux sociaux

C’est peut-être là que les différences sont les plus marquées. Pour comprendre l’importance d’un compte Twitter ou une page Facebook, nous avons contacté Julien, le CM (Community manager) bénévole du Poiré-sur-Vie, et réalisé des tableaux de popularité de chaque club sur les deux principaux réseaux sociaux. Le FC Metz écrase largement la concurrence. C’est le Barça du championnat des réseaux, l’Ajax 1971 du Facebook, le Milan 1990 du Twitter. Après les Messins, on trouve de tout. Du compte Twitter de l’US Luzenac abandonné depuis des mois à celui d’Amiens qui ne suit personne, de la page Facebook qui cartonne (US Boulogne CO) à celle qui réuni péniblement 270 fans (ES Uzès – Pont-du-Gard), plongée dans la D3 connectée (ou presque).

Facebook

Les "J'aime" ou les "Fans" ont été comptabilisés au 9 mars 2013. Les pages Facebook ne sont pas toujours gérées par le club lui-même.

Les « J’aime » ou les « Fans » ont été comptabilisés au 9 mars 2013.
Les pages Facebook ne sont pas toujours gérées par le club lui-même.

Twitter

Les chiffres notés ici correspondent aux nombre de suiveurs pour chaque compte de club au 9 mars 2013. Les cinq derniers ne possèdent pas de compte Twitter.

Les chiffres notés ici correspondent aux nombre de suiveurs pour chaque compte de club au 9 mars 2013.
Les cinq derniers ne possèdent pas de compte Twitter.

Les clubs suivent un phénomène de masse puisque les interactions avec Facebook sont encore plus importantes que les messages et échanges sur Twitter. La question du supporter, la photo postée par un joueur et relayée par le compte du club ou encore le « livetweet », le match raconté en temps réel sur Twitter, bouleversent le rapport du club avec ses sympathisants. Au Poiré-sur-Vie, on suit plutôt bien le mouvement : « Le club a beaucoup grandi dernièrement, passant du CFA2 au National en 2 ans. Les dirigeants ont eu la volonté de moderniser les outils de communication et de se lancer sur les réseaux sociaux. Il y a une vraie dynamique autour de ça, d’autant que plusieurs joueurs se sont récemment inscrits sur Twitter, et qu’ils envoient photos et commentaires lors des déplacements », détaille Julien, le CM du VPSVF (200 followers sur Twitter, 1300 fans sur Facebook). On gère les deux comptes de la même façon ? « La priorité, c’est Facebook, plus suivi. Chez nous, les gens n’utilisent pas encore beaucoup Twitter, mais ça vient », répond le CM. Julien réfute l’idée de concurrence entre les clubs de National. Pas de course aux followers ou aux fans. Lui s’inspire plutôt des pratiques des clubs de Ligue 1 pour le site, dont il s’occupe également, et la façon de nourrir les comptes sur les réseaux sociaux. « Mais on le fait avec nos moyens à nous par contre », précise-t-il. Si son équipe accède à la Ligue 2 (le club est actuellement 3ème du National), pas de problème, il est déjà en mesure de rivaliser sur la toile.

Pour Erwann Penland, qui fait partie de l’équipe qui a créé foot-national.com en 2001 justement parce que le championnat n’était pas assez médiatisé, la tendance est à la hausse. « Même si de notre côté nous avons toujours eu beaucoup d’interactions avec les clubs et les supporters, on note une hausse. Sur la partie spécifique au National du site, l’audience ne cesse de grimper », analyse-t-il. La D3, c’est bel et bien branché. Et pour les supporters des équipes mal classées sur les réseaux sociaux, faudra toujours acheter le journal local le dimanche matin pour avoir un peu d’info…

  Hymne du National

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